Accès à la justice pour les survivantes de violences sexuelles liées aux conflits et crimes graves au Sud-Kivu
Le Sud-Kivu reste l’un des foyers les plus affectés par les violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) en République démocratique du Congo. Les territoires d’Uvira, de la Plaine de la Ruzizi et de Fizi sont particulièrement exposés : insécurité persistante, déplacements forcés, éloignement des juridictions et stigmatisation des survivantes. Les victimes se heurtent à des obstacles majeurs : peur des représailles, coûts de transport élevés, manque d’information sur leurs droits et lenteur des procédures judiciaires.
Une réponse intégrée et centrée sur la survivante
Le projet apporte une réponse holistique en combinant plusieurs volets complémentaires :
• Documentation éthique et sécurisée des cas, avec une base de données anonymisée et protégée.
• Assistance juridique gratuite, via des cliniques mobiles et des consultations individuelles.
• Prise en charge judiciaire des dossiers prioritaires devant l’Auditorat militaire d’Uvira.
• Organisation de chambres foraines à Fizi et dans la Plaine de la Ruzizi, pour rapprocher la justice des communautés éloignées.
• Orientation médicale et psychosociale vers les Centres Intégrés de Services multisectoriels (CISM) des Hôpitaux Généraux de Référence d’Uvira, Sange et Fizi, appuyés par l’UNFPA.
• Sensibilisation communautaire dans les camps de déplacés et communautés hôtes, afin de réduire la stigmatisation et renforcer la cohésion sociale.
Cette approche repose sur des principes fondamentaux : confidentialité, consentement éclairé, Do No Harm, et protection des données sensibles.
Des résultats ambitieux
Le projet vise des résultats mesurables et concrets :
• 1 000 cas de VSLC et autres crimes graves documentés et enregistrés.
• 1 000 survivantes bénéficiant d’une assistance juridique gratuite et d’une orientation adaptée.
• 120 dossiers prioritaires constitués et suivis devant l’Auditorat militaire.
• Deux chambres foraines organisées, permettant à plus de 160 victimes et témoins de comparaître dans des conditions dignes et sécurisées.
• 5 000 personnes sensibilisées dans les camps de déplacés et communautés hôtes.
Une stratégie de mise en œuvre réaliste
La coordination centrale est basée à Uvira, avec un déploiement opérationnel dans la Plaine de la Ruzizi et à Fizi. Les para juristes, assistants et animateurs communautaires jouent un rôle clé pour assurer la proximité avec les communautés. Les réunions mensuelles de coordination avec les CISM, l’UNFPA et les autorités judiciaires garantissent une mise en œuvre cohérente et transparente.
Le projet prévoit également des mesures de protection renforcées pour les victimes et témoins : déplacements discrets, accompagnement psychosocial, anonymisation des données et mécanismes de feedback communautaire.
Vers une justice durable et accessible
Au-delà de ses six mois de mise en œuvre, le projet investit dans la durabilité :
• Renforcement des capacités des para juristes et relais communautaires.
• Formalisation des circuits de référencement entre PSVS, CISM et juridictions.
• Capitalisation des pratiques de documentation sécurisée et d’organisation de chambres foraines.
• Implication des leaders communautaires pour réduire la stigmatisation et soutenir la réintégration des survivantes.
Ce projet constitue une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité et la protection des droits humains au Sud-Kivu. Il démontre qu’une justice accessible, respectueuse et centrée sur la dignité des survivantes est possible, même dans des zones affectées par les conflits.