HISTOIRE DE SUCCES
Dans plusieurs communautés du territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, les adolescentes font face à des risques accrus de violences sexuelles et basées sur le genre, exacerbés par l’insécurité, les déplacements de populations et la précarité économique. Depuis novembre 2025, le Programme de Secours aux Vulnérables et Sinistrés (PSVS) met en œuvre un projet de prévention et de prise en charge des violences sexuelles et basées sur le genre, avec une attention particulière portée aux adolescentes et aux jeunes femmes.
Lydie* a 15 ans, survivante et membre du réseau des filles parajuristes vit dans le village KIRINGYE de la plaine de la Ruzizi. Comme beaucoup d’adolescentes de sa communauté, elle a vu son quotidien bouleversé par les tensions sécuritaires et les difficultés économiques de sa famille. Après avoir été victime de viol, elle s’est retrouvée isolée, marquée par la peur et le silence.
« Je pensais que ma vie était finie. Je n’osais plus parler à personne et j’avais honte de retourner à l’école », raconte-t-elle.
Grâce au travail de sensibilisation mené par les relais communautaires formés par PSVS, Lydie a été orientée vers les services de prise en charge disponibles dans sa zone. Elle a d’abord bénéficié d’un accompagnement psychosocial dans un des deux espaces sûrs mis en place pour les adolescentes et jeunes femmes par PSVS dans la zone de santé de Ruzizi. Cet espace lui a permis de partager son expérience, de recevoir un soutien adapté et de retrouver progressivement confiance en elle.
« Quand je suis arrivée pour la première fois, j’avais peur. Mais j’ai rencontré Maman Lea*, notre mentoresse et d’autres filles qui avaient vécu des situations difficiles comme moi. Petit à petit, j’ai compris que je n’étais pas seule.
»
Au-delà du soutien psychosocial, Lydie a également participé à une formation en plaidoyer sur les droits des femmes et des filles. Cette formation lui a permis d’acquérir des compétences pratiques et de commencer à s’intéresser la situation des autres adolescentes de sa communauté.
Aujourd’hui, Lydie se dit plus confiante et regarde l’avenir avec espoir.
« Maintenant, malgré la guerre, je sais que je peux me relever. Avec ce que j’ai appris, je peux aider ma famille et continuer mes études. Je veux aussi parler à d’autres filles pour qu’elles sachent qu’il existe des personnes prêtes à les aider. » Elle ajoute :
« Avant, je n'osais pas parler de ce qui m'arrivait. Aujourd'hui, grâce à l'espace sûr, j'ai appris que j'ai des droits.
Je suis fière d'être para juriste, je peux aider d'autres filles à se défendre. »
L’histoire de Lydie illustre l’impact des approches intégrées qui combinent prévention, prise en charge des survivantes et autonomisation économique des adolescentes. En créant des espaces sûrs, en renforçant les mécanismes de référencement et en offrant des opportunités d’apprentissage, le projet contribue à redonner aux adolescentes la possibilité de reconstruire leur vie et de devenir des actrices de changement au sein de leurs communautés aujourd’hui affectées par la guerre.
Les prénoms ont été modifiés pour protéger l’identité de la survivante.